Faut-il déclarer aux impôts l'argent gagné en vendant ses vêtements sur Vinted ?
Vous videz régulièrement votre dressing sur Vinted et, au fil des ventes, le total cumulé sur l'année commence à représenter une somme non négligeable. Une question revient alors : cet argent doit-il être déclaré aux impôts ? La réponse tient en une règle simple, mais nuancée par un changement récent qui sème la confusion chez beaucoup de vendeurs occasionnels.
Dans l'écrasante majorité des cas — vendre ses propres vêtements et objets déjà utilisés —, ces sommes ne sont pas imposables. Ce qui change depuis 2023, c'est que Vinted transmet désormais certaines données au fisc, ce qui a créé beaucoup d'inquiétude injustifiée. Voici ce qu'il faut réellement savoir.
Le principe : vendre ses affaires personnelles n'est pas un revenu
En droit fiscal français, la vente d'un bien meuble d'occasion vous appartenant (vêtements, chaussures, accessoires) ne constitue pas un revenu imposable, car il ne s'agit pas d'une activité économique : vous ne faites que revendre, en général à perte par rapport au prix d'achat, un bien déjà possédé pour votre usage personnel. Ce principe s'applique quel que soit le nombre d'articles vendus dans l'année, du moment que ce sont bien vos propres affaires.
Ce qui a changé avec le signalement DAC7 des plateformes
Depuis le 1er janvier 2023, la directive européenne dite DAC7 oblige les plateformes de vente entre particuliers (Vinted, Leboncoin, Etsy, etc.) à transmettre chaque année à l'administration fiscale les informations des vendeurs ayant réalisé plus de 30 transactions ou plus de 2 000 € de ventes cumulées sur l'année civile.
Vente occasionnelle ou activité professionnelle : où se situe la frontière ?
| Critère | Vente occasionnelle (non imposable) | Activité professionnelle (imposable) |
|---|---|---|
| Origine des articles | Vos propres vêtements et objets usagés | Articles achetés ou fabriqués pour être revendus |
| Fréquence | Ponctuelle, au fil du renouvellement de dressing | Régulière et organisée, façon petit commerce |
| But recherché | Se débarrasser d'affaires devenues inutiles | Générer un revenu récurrent par l'achat-revente |
| Statut requis | Aucun | Auto-entrepreneur ou autre régime professionnel |
La requalification en activité professionnelle n'est pas automatique au-delà d'un certain chiffre : elle dépend surtout du caractère habituel et organisé de la démarche. Acheter régulièrement des vêtements neufs ou en friperie pour les revendre avec une marge, à un rythme soutenu et sur la durée, ressemble davantage à une activité commerciale qu'à un simple désencombrement, même si chaque vente prise isolément semble anodine.
Le cas particulier des objets de valeur
Le linge courant et les accessoires de mode suivent le principe général de non-imposition. Il existe toutefois une exception : les bijoux, métaux précieux, œuvres d'art et objets de collection vendus au-delà de 5 000 € par transaction relèvent d'un régime fiscal spécifique (taxe forfaitaire sur les objets précieux, ou taxe sur la plus-value des biens meubles sur option). Ce cas concerne très peu de vendeurs sur Vinted, où la grande majorité des transactions porte sur du textile et des accessoires de valeur modeste.
Et si vos ventes ressemblent de plus en plus à une activité ?
Si vous achetez régulièrement pour revendre avec une marge — pratique parfois envisagée parmi les différentes pistes pour générer des revenus complémentaires rapides —, il devient nécessaire de formaliser cette activité, généralement sous le statut de micro-entrepreneur (auto-entrepreneur). Ce statut reste simple à ouvrir et permet de déclarer ces revenus dans les règles, avec des cotisations proportionnelles au chiffre d'affaires réellement encaissé.