Détecteur de monoxyde de carbone : est-il obligatoire et où l'installer ?
Non, le détecteur de monoxyde de carbone (CO) n'est pas obligatoire dans les logements en France : seul le détecteur de fumée l'est depuis 2015. Pourtant, il est fortement recommandé par les autorités sanitaires dans tout logement équipé d'un appareil à combustion, car le monoxyde de carbone est un gaz invisible, sans odeur et sans goût, qui provoque chaque année plusieurs milliers d'intoxications et des dizaines de décès, surtout pendant la saison de chauffe.
Un détecteur bien choisi et bien placé coûte quelques dizaines d'euros et donne l'alerte avant que les symptômes ne deviennent graves. Voici qui devrait s'équiper, où l'installer précisément et comment réagir en cas d'alarme.
Détecteur de fumée et détecteur de CO : deux appareils différents
Ne pas confondre
Détecteur de fumée (DAAF)
- Obligatoire dans tous les logements depuis 2015
- Détecte les fumées d'un incendie
- Fixé au plafond, dans un dégagement menant aux chambres
- Ne réagit pas au monoxyde de carbone
Détecteur de monoxyde de carbone
- Recommandé, non obligatoire
- Mesure la concentration d'un gaz toxique et inodore
- Placé près des appareils à combustion et des chambres
- Ne détecte pas la fumée d'un incendie
Il existe des détecteurs combinés fumée et CO, pratiques pour limiter le nombre d'appareils, mais leurs règles d'installation sont un compromis : vérifiez qu'ils respectent bien les deux normes et suivez scrupuleusement la notice. Pour les règles propres au détecteur de fumée, voyez notre article un détecteur de fumée est-il obligatoire dans chaque pièce ?
Qui devrait s'équiper
Le monoxyde de carbone se forme lors d'une combustion incomplète, quand un appareil manque d'air, est mal entretenu ou que ses fumées s'évacuent mal. Un détecteur est donc utile dès que le logement contient l'un des équipements suivants :
- chaudière au gaz ou au fioul, chauffe-eau ou chauffe-bain au gaz ;
- poêle à bois, à granulés ou à charbon, cheminée, insert ou foyer fermé ;
- chauffage d'appoint à pétrole ou au gaz (à éviter en usage prolongé dans une pièce fermée) ;
- cuisinière ou four au gaz ;
- garage attenant à la maison, où un moteur peut tourner, ou groupe électrogène utilisé à proximité.
Où installer un détecteur de monoxyde de carbone
Le CO a une densité proche de celle de l'air et se mélange à lui : il ne monte pas systématiquement au plafond comme la fumée. L'emplacement exact dépend donc du modèle, et la notice du fabricant prime. Les règles générales sont les suivantes.
| À privilégier | À éviter |
|---|---|
| Dans la pièce où se trouve l'appareil à combustion, à une distance de 1 à 3 m de celui-ci | Juste au-dessus ou à côté de l'appareil, où un pic passager déclencherait de fausses alertes |
| Au mur, à hauteur de respiration ou au-dessus des portes et fenêtres, ou au plafond selon la notice | Près d'une fenêtre, d'une porte extérieure, d'une hotte ou d'une bouche de ventilation |
| Dans le couloir des chambres ou dans les chambres, surtout si l'appareil est éloigné | Dans une salle de bains ou une pièce très humide |
| Un détecteur par niveau dans une maison avec plusieurs appareils | Derrière un meuble, un rideau ou dans un recoin où l'air circule mal |
Bien choisir son détecteur
- La norme NF EN 50291 : elle garantit que l'alarme se déclenche selon des seuils et des délais testés. Méfiez-vous des appareils très bon marché sans référence normative.
- Un capteur électrochimique, aujourd'hui le plus répandu pour un usage domestique, fiable et peu gourmand en énergie.
- Une pile scellée longue durée, souvent de 7 à 10 ans, qui évite les oublis de remplacement.
- Un affichage de concentration en ppm, utile pour repérer une petite fuite chronique avant l'alarme.
- L'interconnexion entre détecteurs, pour qu'une alerte au sous-sol se fasse entendre dans les chambres.
Comptez en général 25 à 60 € pour un modèle autonome de qualité, davantage pour un modèle connecté ou interconnectable. Un détecteur de CO a une durée de vie limitée, souvent de 7 à 10 ans selon le capteur : la date de fin de vie figure au dos, et l'appareil émet généralement un signal spécifique quand il faut le remplacer.
Les symptômes d'une intoxication
Les premiers signes sont trompeurs, car ils ressemblent à ceux d'une grippe ou d'une indigestion : maux de tête, fatigue, nausées, vertiges. Un indice doit alerter : plusieurs personnes ou animaux du même logement présentent les mêmes symptômes, qui s'atténuent quand on sort et reviennent à la maison. À plus forte concentration surviennent somnolence, confusion, perte de connaissance, et le pronostic vital peut être engagé en quelques heures, voire moins.
Que faire si l'alarme se déclenche
Les bons réflexes, dans l'ordre
- Aérer immédiatementOuvrez en grand portes et fenêtres pour faire entrer de l'air frais.
- Arrêter les appareils à combustionCoupez la chaudière, le poêle, le chauffage d'appoint et la cuisinière si c'est possible sans vous exposer.
- Sortir du logementFaites évacuer tout le monde, y compris les animaux, et ne restez pas à l'intérieur pour chercher l'origine.
- Appeler les secoursComposez le 15 (SAMU), le 18 (pompiers) ou le 112, surtout si une personne présente des symptômes. N'attendez pas qu'ils s'aggravent.
- Faire vérifier l'installationNe remettez pas les appareils en route avant le passage d'un professionnel qualifié, qui identifiera la cause (appareil, conduit, ventilation).
Entretenir son détecteur
Appuyez sur le bouton de test une fois par mois, dépoussiérez délicatement l'appareil avec un chiffon sec ou un aspirateur à faible puissance, et n'utilisez jamais de produits d'entretien ou de bombes aérosols à proximité, qui peuvent endommager le capteur. Remplacez-le à la date de fin de vie indiquée, même s'il semble fonctionner.